Elle marchait dans les rues glacées, pattes ensorcelées, d'une ville morte. Elle était seule, si vide, cette ville. Petite et grise, couleur de zinc. Toits argentés pour des essences démunies de leur enfance, désargentées de leur beauté ruisselante.
Elle, cette fille, n'aspirait qu'à découvrir. Et elle se sentait oppressée dans cette cité morne, où les âmes s'enfermaient et y perdaient leur dernière goutte d'humanité. Frêle corps en cadence avec l'Ailleurs.
Elle voulait dénuder Athènes, s'exposer et s'exploser à Louxor. Elle aimait. Ce qu'elle pouvait aimer. L'écriture, la littérature, la sculpture. Et puis cet homme distant, cet être incompréhensible. Elle voulait tout ça, lui surtout. Sans vraiment le vouloir. Alors elle faisait des inventaires, des nouvelles parfois. Elle s'imaginait des mondes à l'acide malsain, des rêveries à la rosée bleutée.
Et son coeur criait famine. Il désirait tant s'enfuir de cette ville, de ce corps prisonnier de sa soumission assignée à cette cité.
Que c'est cruel de se reconnaître dans un livre. Mots de feux, maux uniques, la tourmente d'un monde devenu brasier à sa naissance.
Murmures indécents, masques retirés, confisqués; cours avant que je ne pulvérise; belle âme douloureuse.